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Improviser
N° 24 - 2ème semestre 2006
 
    
 

 Edito (extrait) 
 


Il y a à peu près trente ans, dans un dossier spécial de la Revue d'esthétique consacré à l'improvisation, Bernard Dort évoquait la "victoire ", voire le "triomphe" des comédiens, après environ un siècle d'histoire théâtrale qui s'était ouvert sous le signe de leur "défaite", celle qui les avait contraints à "baiss[er] pavillon devant le metteur en scène".

L'observation de Dort se fondait sur une brillante analyse diachronique dans laquelle il décrivait le parcours historique qui avait vu l' "acteur-instrument" ou l' "acteur-marionnette" profiter de l'humble acceptation de "la passivité et [de] la malléabilité du matériau", imposée par la figure naissante du metteur en scène, pour opérer un véritable renversement des rapports de force [...].

Le paysage théâtral français actuel semble avoir nettement changé. Si l'on en croit, par exemple, l'un des directeurs de nos théâtres nationaux(1), l'idée même d'improvisation serait aujourd'hui complètement étrangère au processus de création "normal" de la très grande majorité des spectacles, et les exceptions de quelques grands maîtres incontestés (Ariane Mnouchkine et Peter Brook, avant tout) ne feraient que confirmer la règle [...]

Il apparaît donc nécessaire de se pencher sur la question de l'improvisation, en interrogeant à la fois l'histoire théâtrale du siècle qui vient de s'achever et les pratiques actuelles ; de revenir un instant, en profitant des recherches les plus récentes dans ce domaine, sur le modèle reconnu, ô combien mythique, de la commedia dell'arte, mais aussi d'interroger un champ artistique parallèle, celui de la danse. Par l'ensemble des approches ici réunies, et qui évidemment n'ont aucune prétention à l'exhaustivité, nous espérons pouvoir contribuer à une reconsidération de la question, en soulignant le fait qu'improviser, au moins depuis Stanislavski, constitue l'une des manières les plus fécondes d'explorer les possibilités de l'écriture scénique.

Le Comité de rédaction

 
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(1) - "...peu de travail à la table proprement dit, pas d'improvisation non plus, car tout part du travail sur le texte. Les comédiens se lancent dans le texte, font des tentatives, des propositions, on commente, on rature, on cherche" (Stéphane Braunschweig, "Une grande maison", entretien réalisé par Laurent Kuntz, Théâtre/Public, n°179, septembre 2005, p. 42.
 
 Sommaire
 
> Editorial : Libertés et contraintes
 
> Improviser
 Deux minutes, deux années… et le futur : l’improvisation théâtrale, de l’exercice au spectacle.
Jean-Manuel WARNET
La méthode de composition de la commedia dell’arte.
Siro FERRONE
L’improvisation est une école de création collective.
Jacques LECOQ
L’improvisation : origine et fin du théâtre (Trois temps, trois mouvements).
Philippe IVERNEL
Tout est possible, mais pas n’importe quoi.
Entretien avec Georges BONNAUD
Direction d’acteurs et improvisations des interprètes.
Sophie PROUST
Dans « improviser », il y a « viser ».
Entretien avec Bernard COLIN
Danser avec l’inconnu.
Chéryl GRÉCIET
Improviser c’est dire son rapport au monde.
Entretien avec Loïc TOUZE
Les matches d’improvisation, ou la part de Guignol qu’il y a en chacun de nous.
Entretien avec Estelle RIVIER
Anatoli Vassiliev, la vie vivante sur scène.
Stéphanie LUPO
Un acteur contient en lui toutes les symphonies du monde.
Lukasz MUSIAL

 
> Carnets de création
 Les Histrions de Marion AUBERT, mise en scène de Richard MITOU
Les Histrions (détail) ou le Ventre de la Création.
Carole GUIDICELLI
« Tout le monde est au service de tout le monde ».
Entretien avec Marion AUBERT et Richard MITOU

Une aventure de vie pour une famille théâtrale qui désire grandir ensemble.
Entretien avec Marion GUERRERO et Sébastien LAGORD
Les costumes des Histrions : un travail d’ « hybridation ».
Entretien avec Jane JOYET

Tout n’est pas si magique.
Entretien avec Sylvine DUPRE
 
> L'esprit d'escalier
 Sans retour de François Verret. Didier PLASSARD
Au milieu du désordre de Pierre Meunier. Herveline GUERVILLY
 
> Une scène de papier
 Qu’est-ce que le théâtre ? de Christian Biet et Christophe Triau.
Stéphane HERVE
Pour une écriture du son de Daniel Deshays.
Marie-Madeleine MERVANT-ROUX
L’Habit de théâtre d’Anne Verdier.
Brigitte PROST

 
> Notes dans la marge
 Lignes de guerre. Roland FICHET
 
> Inédit
 Forêt vierge. Olivia ROSENTHAL
 
  Photographies :
Carte blanche à Benoît BECAM ©
 
 
 
 
   
 
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