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la question du son (de l'audible / de l'écoute) est aujourd'hui cruciale
dans la vie du théâtre, c'est qu'elle touche directement, d'une façon
invisible et d'autant plus violente qu'elle reste inaperçue, à l'état
réel de cet art, à son lien avec le social, à la place que
la société donne effectivement à la fonction dramatique.
Le fait qu'on la passe sous silence est le signe de cet enjeu. Certes, le langage,
d'une façon générale, se prête mal à l'évocation
de ce qui relève de l'auditif (il existe sur ce sujet des études
de philosophes), mais en matière théâtrale, la gageure semble
encore plus grande. La difficulté à nommer ceux qui " font
", " réalisent ", " créent ", " diffusent
" (?) le sonore au théâtre est le symptôme d'une complexité,
qui est celle de l'écoute elle-même : - au théâtre,
comme en musique, même si cela apparaît moins, l'écoute n'est
pas seulement le fait du spectateur. Car jouer, c'est aussi, c'est d'abord, écouter.
- l'écoute du " spectateur " n'est pas pure audition. Elle
passe par le visuel et n'est pas sans visions. De façon significative,
l'ancien français " imaginer " avait pour sens " considérer
", " entendre " dans l'imaginaire. Comme on peut l'observer
aujourd'hui, où la fonction technique du régisseur son tend de plus
en plus à laisser la place à la responsabilité artistique
du créateur sonore, la fabrique est aussi décisive que les sons.
Elle est le lieu des praticiens. Elle est la salle et son audience. Ce dossier
entretient plus de liens qu'on pourrait le croire avec le thème du "
collectif " auquel nous avions consacré notre précédent
numéro.
Le Comité
de rédaction | |