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vingt ans, la France est passée d'une gestion centralisée de son"
territoire" (national) à celle de "territoires" (multiples)
par l'intermédiaire d'acteurs de plus en plus nombreux et de schémas
organisateurs, toujours plus complexes... La question du "pays" s'inscrit
par ailleurs dans une quête identitaire dont l'émergence politique
pose question. Michel Rostain examine ici même les richesses et les possibles
dérives dynamiques communautaires... Il est donc temps de rappeler
fortement que la création artistique invente les règles de notre
vie commune dans la permanence utopique des promesses de la démocratie.
Sans doute faut-il plus d'humilité et moins de certitudes dévastatrices...
Comme le disait Jean Vilar cité ici par Laurent Fleury, "l'artiste
de théâtre ne se perd pas dans la société... mais il
y prend sa leçon...". Il n'en reste pas moins que le souci de nombreux
artistes de se rapprocher du public, de travailler avec la population pour en
partager les questionnements sur le monde, témoigne de la volonté
de restituer à l'art et à la culture une plus grande légitimité
sociale. Redonner davantage de sens à la création, l'inscrire dans
l'imaginaire collectif ou la réalité quotidienne, c'est peut être
une véritable chance de démocratisation culturelle qu'offrent aujourd'hui
les structures de proximité. Malgré les incertitudes territoriales,
juridiques et administratives, les structures d'intercommunalité peuvent
constituer les lieux où s'expérimente un partage de l'acte artistique
tel qu'ont pu le rêver les fondateurs de la décentralisation.
Le Comité de rédaction | |