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dossier de ce numéro est consacré au travail de ceux qui, aux marges
de la scène, permettent à un projet artistique de se concrétiser
sans en être les concepteurs ni les organisateurs : les techniciens qui,
souvent dans l'anonymat, font vivre le théâtre sans apposer leur
signature au bas des programmes. Maîtres à bord, pourtant, discrets,
efficaces, gardiens jaloux de leur territoire. " Le monde du technicien
n'est pas celui de la forme (le beau formel ou l'harmonieux) ou du sujet (le thème
ou le moi), c'est celui de la vitesse, des intensités et des apparitions.
Il est celui des vies passionnantes et passionnées, des effets et des splendeurs,
plus que celui des équilibres, des fascinations ou des discours. Une vraie
connivence existe entre ce monde caché et le vécu de la représentation
: le ressenti du spectateur n'est pas sans rapport avec les intensités
et les vitesses des effets, les qualités des matières, les justesses
de la construction ; au-delà encore, l'acuité de son écoute
est sans doute affermie par l'exigence de l'exécution. Comme si la technique
et son organisation affectait la représentation ; comme si le spectaculaire
cachait la sombre économie des intensités et des affects, alibi
permettant de laisser dans la pénombre nécessaire les échanges
scène-salle ".
Le Comité
de rédaction | |