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Premier Village, ça se passe dans
un lotissement. Pas le lotissement genre cité dortoir des grandes villes.
Mais dans un lotissement de campagne, la banlieue d'un village. Et pas n'importe
quel village. On sait simplement qu'il est traversé par une route
nationale, qu'à sa périphérie ont poussé des lotissements,
et que l'été, dans le garage de parpaings de l'une des maisons qui
se ressemblent toutes, et qui constituent ces lotissements, il y a Claudine qui
peste et qui attend. Et que dans le bois à l'entour il y a Jean Touillé
le beau bûcheron qui se tait et qui attend. Et qu'à l'église
il y a Zizi Counord qui prépare la fête des rameaux, qui rumine et
qui attend que Jean fasse le premier pas. Et que dans une autre maison, il y a
Nenette et Fifi qui n'attendent plus grand chose si ce n'est le bal. Et il y a
ce que plus personne n'attendait (sauf en rêve) : Pierre...
Pour moi ça raconte l'histoire au quotidien de gens, quasi-fantômes,
"petits personnages" simples et attachants, qui se côtoient, qui
se parlent, qui se désirent parfois, et qui se taisent. Ça parle
aussi d'un secret. De nos secrets. Et de notre belle incapacité à
les taire sans autant les dire. La pièce est drôle et pudique,
comme si elle avait la fragilité des personnages qui la côtoient. Cédric
Gourmelon, metteur en scène | |
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