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"Lundi 15 mars. Après
trois semaines de séparation, l'équipe artistique se retouve. Nous
avions posé les lignes principales en février. Il s'agit maintenant
de tendre et détendre ces lignes, de vérifier leur résistance.
A nouveau l'espace de jeu, pendrilloné à l'allemande, de 7 m d'ouverture
sur 5 m de profondeur est disposé : boite noire, chambre, espace "mental"
du personnage... L'élément scénographique central
a pris du volume et de la hauteur. Paule et Pauline doivent d'abord s'adapter
à cet espace réduit et haut perché, ensuite, lecture du dernier
filage de février sur vidéo. Chacun émet des réflexions,
des désirs. Il nous faut définir les personnages, leurs liens, regards,
mots, contacts... A nous de créer ce qui se tisse entre elles.
Durant cette deuxième session, nous précisons les moments de "théâtre"
et/ou de "danse". A distance ces moments s'imbriquent et se nourrissent
les uns les autres naturellement. Simplement l'écriture n'est pas la même
et le temps d'appréhension non plus. Il en résulte des temps réservés
à Paule ou à Pauline. Costume, univers musical, objet,
... chaque nouvel élément bouscule l'une des deux matières.
Tel mouvement est possible ou modifié par le costume. Cet objet dans les
mains de Paule n'est plus le même dans celles de Pauline ; forcément
on décide d'en jouer et de pousser loin ces différences.
Cette boite noire est devenue pour nous un espace onirique. Chaque mouvement,
geste, apparition, et manipulation d'objets est travaillé dans cette direction
: l'espace du rêve, l'articulation entre possible et ... possible...
Mardi 23 mars. Dernier filage de notre session de travail à Guingamp.
Entre deux territoires : danse et théâtre, nos deux personnages se
précisent. Nous nous quittons chargées de questions ; questions
qui en deux semaines de séparation vont éclore, disparaître,
se transformer...". | |
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